Laurier bois de chauffage : bon ou mauvais pour chauffer ?

Le laurier peut tout à fait servir de bois de chauffage, à condition de bien le préparer et de l’utiliser dans les bonnes conditions. Ce n’est pas l’essence reine du tas de bois, mais elle mérite mieux que la déchetterie ou le brûlage à la va-vite. Voici ce qu’il faut savoir avant d’allumer votre premier feu de laurier.

Quand on taille un laurier devenu trop grand ou qu’on abat un arbre qui pousse contre un mur, on se retrouve souvent avec du bois en quantité. La question qui suit est toujours la même : que faire de tout ça ? Ce bois peut vous rendre de vrais services si vous connaissez :

  • les espèces de laurier et leurs différences pour le feu
  • le pouvoir calorifique réel de ce bois
  • les précautions de séchage et de combustion à respecter
  • les usages alternatifs quand le chauffage n’est pas la priorité

Laurier bois de chauffage : de quel laurier parle-t-on ?

Avant toute chose, il faut identifier l’arbre. Le mot "laurier" regroupe plusieurs espèces très différentes. Parler du laurier bois de chauffage sans préciser l’espèce, c’est comme parler d’un arbre fruitier sans dire si c’est un pommier ou un cerisier.

Les trois espèces les plus courantes dans nos jardins sont le laurier-sauce (Laurus nobilis), le laurier-cerise (Prunus laurocerasus) et le laurier sauvage, souvent assimilé au laurier des bois. Leurs propriétés pour la combustion diffèrent légèrement. Leur densité, leur teneur en eau et leur composition chimique ne sont pas identiques. Identifier votre arbre est donc la première étape avant toute décision.


Le laurier est-il un bon bois de chauffage ?

Honnêtement : correct, mais pas exceptionnel. Le laurier n’est pas dans le même registre que le chêne, le hêtre ou le charme. Ces derniers affichent un pouvoir calorifique supérieur et une combustion plus longue. Le laurier se situe dans une catégorie intermédiaire, proche des bois mi-lourds.

Son vrai avantage est ailleurs : il est souvent disponible gratuitement, directement sur place. Si vous venez de tailler ou d’abattre un laurier dans votre jardin, le brûler est une réutilisation intelligente et économique. C’est ce pragmatisme qui fait tout son intérêt.


Pouvoir de chauffe et qualité de combustion du laurier

Essence Pouvoir calorifique inférieur (PCI) Densité du bois sec Qualité de combustion
Chêne 4,1 MWh/stère 0,75 g/cm³ Très bonne
Hêtre 4,0 MWh/stère 0,72 g/cm³ Très bonne
Laurier-sauce ~2,8–3,2 MWh/stère 0,55–0,65 g/cm³ Correcte
Laurier-cerise ~2,6–3,0 MWh/stère 0,50–0,60 g/cm³ Correcte
Peuplier 2,3 MWh/stère 0,45 g/cm³ Médiocre
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Le laurier brûle de façon assez vive. Il donne une belle flamme et une chaleur honorable. Sa densité correcte le distingue des bois trop légers comme le peuplier. En revanche, il se consume plus vite que le chêne. Il est donc moins adapté pour tenir une nuit entière dans un poêle.


Faut-il sécher longtemps le bois de laurier avant utilisation ?

Oui, et c’est sans doute le point le plus important à retenir. Un bois fraîchement coupé contient entre 40 % et 60 % d’humidité. Il faut descendre sous les 20 % pour une combustion propre et efficace.

La règle pratique recommandée est simple : une première année de séchage à l’air libre, puis une seconde année sous abri. Ce protocole en deux étapes permet d’atteindre un taux d’humidité satisfaisant. Un bois trop vert produit davantage de fumée, chauffe moins, encrase votre conduit plus vite et peut provoquer des dépôts de créosote dangereux.

Un hygromètre à bois, disponible pour 10 à 25 EUR, vous permettra de vérifier facilement le taux d’humidité avant d’alimenter votre foyer.


Quel type de foyer choisir pour brûler du laurier en sécurité ?

Privilégiez un foyer fermé : insert de cheminée ou poêle à bois. Ce choix n’est pas anodin. Le laurier-cerise notamment contient des composés cyanogéniques dans ses feuilles et son écorce. Lors de la combustion, des substances indésirables peuvent se dégager, en particulier si le bois est mal séché ou brûlé à basse température.

Un foyer fermé avec un tirage maîtrisé garantit une combustion plus complète. Les températures atteintes sont plus élevées, ce qui réduit les émissions imbrûlées. La cheminée ouverte, à l’inverse, offre moins de contrôle et disperse davantage les fumées dans la pièce.

Un entretien du conduit au moins une fois par an reste indispensable, quelle que soit l’essence brûlée.


Laurier-sauce, laurier-cerise, laurier sauvage : quelles différences pour le chauffage ?

Ces trois espèces partagent le même nom courant, mais elles n’ont pas le même comportement au feu.

  • Le laurier-sauce (Laurus nobilis) est le plus dense des trois. Son bois aromatique dégage une odeur agréable à la combustion. C’est le plus intéressant pour le chauffage.
  • Le laurier-cerise (Prunus laurocerasus) demande plus de précautions. Son écorce et ses feuilles contiennent de l’amygdaline, qui peut libérer de l’acide cyanhydrique lors de la combustion. Brûlez-le impérativement sec et sans feuilles, dans un foyer fermé.
  • Le laurier sauvage regroupe plusieurs arbustes selon les régions. Sa qualité pour le chauffage est variable. Identifiez-le précisément avant de l’utiliser.

Une erreur courante à éviter avec le bois de laurier

L’erreur la plus fréquente est de brûler du laurier-cerise avec les feuilles ou en bois vert. Les feuilles de laurier-cerise contiennent de l’amygdaline. En brûlant, elles libèrent potentiellement de l’acide cyanhydrique, un composé toxique même en faible concentration.

La règle est simple : n’utilisez que le bois, sans écorce ni feuilles, et uniquement bien sec. Ne brûlez jamais de bois de laurier-cerise en vert dans un espace mal ventilé. Élaguer les branches, les laisser sécher proprement, puis les fendre avant combustion : cette séquence suffit à éliminer l’essentiel du risque.

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Laurier bois de chauffage ou bois d’appoint : dans quels cas le garder ?

Le laurier n’a pas vocation à remplacer votre commande annuelle de chêne ou de hêtre. En revanche, il devient très utile dans plusieurs situations concrètes :

  • Vous avez taillé ou abattu un laurier et souhaitez valoriser ce bois sur place
  • Vous cherchez un bois d’appoint pour les mi-saisons, quand le froid est modéré
  • Vous voulez compléter une flambée démarrée avec un bois plus dense
  • Vous disposez d’un poêle ou d’un insert et souhaitez éviter les achats inutiles

Dans ces cas, le laurier rend un vrai service. Il chauffe convenablement, allume facilement et donne une belle flamme. Son rapport coût-efficacité est excellent quand il est gratuit.


Peut-on utiliser le laurier pour le barbecue et les grillades ?

Oui, et c’est même l’un de ses meilleurs usages. Le laurier-sauce en particulier dégage une fumée aromatique agréable qui parfume délicatement les viandes et légumes grillés. Quelques branchettes sèches ajoutées sur des braises bien établies suffisent.

Pour le barbecue, respectez deux règles simples :

  1. Utilisez uniquement du bois bien sec, jamais de bois vert
  2. Ajoutez le laurier sur des braises, pas en début de feu

Pour le laurier-cerise, la prudence s’impose : évitez les feuilles et l’écorce, et réservez cet usage à des espaces bien ouverts et ventilés.


Idées de réutilisation du bois de laurier au jardin et en bricolage

Un laurier abattu offre plus de possibilités qu’on ne le croit. Voici des usages concrets et réalisables :

  • Tuteurs et piquets de jardin : des rondins de 3 à 5 cm de diamètre servent parfaitement à tuteurer tomates, haricots ou jeunes arbres
  • Banc rustique de jardin : 4 troncs en pieds, 4 à 5 rondins en assise sur une longueur de 1,50 m à 2 m. Des rondins de 8 à 10 cm de diamètre minimum évitent tout risque de flèche
  • Supports de filet ou de clôture légère : des perches de 8 à 12 cm de diamètre peuvent servir de poteaux pour un filet de volley ou un treillis de jardin
  • Paillage en copeaux : les branchettes broyées donnent un paillis organique efficace pour les massifs

Pour tout usage extérieur durable, traitez le bois ou prévoyez un remplacement à moyen terme. Le laurier n’est pas un bois naturellement résistant à l’humidité sur la durée.


Conclusion : le laurier, un bois utile mais à manier avec prudence

Le laurier bois de chauffage est une option viable et souvent gratuite, à condition de respecter quelques règles fondamentales. Il chauffe correctement s’il est bien sec, brûle dans un foyer fermé et utilisé sans feuilles ni écorce.


À retenir

  • Le laurier-cerise demande des précautions particulières à cause de ses composés cyanogéniques
  • Un séchage de 18 à 24 mois est nécessaire pour une combustion propre et efficace
  • Préférez un insert ou un poêle fermé à la cheminée ouverte
  • Le laurier est un excellent bois d’appoint et de barbecue, plus qu’un bois de chauffage principal
  • Les troncs de 8 à 10 cm de diamètre minimum peuvent servir à des bricolages rustiques de jardin
Marc — Le Colporteur

À propos de l'auteur

Marc, ancien menuisier-charpentier

Après 15 ans sur les chantiers de rénovation en Auvergne, Marc partage ses conseils d'artisan pour vous aider à entretenir, réparer et améliorer votre logement — avec méthode, bon sens et les bons outils.

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